| Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL |
Quelques jours après une première demande de concession par le groupe Genolin, le même Journal de l'Ain (édition du 27 juillet 1838) publie une semblable demande, mais cette fois aux noms de Me Marinet, avocat de Ballon. Il se dit soutenu par douze autres personnes, lesquelles sont des propriétaires de Forens, le notaire de Chézery, les maires de Chézery et de Châtillon, et autres personnalités. Ils affirment avoir découvert antérieurement à Genolin les ressources du sous-sol ("Que la priorité de la découverte ... ne peut leur être sérieusement contestée par personne"). Si la demande concerne un territoire bien plus vaste (856 ha au lieu de 334 ha) s'étendant sur trois communes "par suite de l'extension du nouveau périmètre sur des points qui ne sont pas compris dans celui qui a été demandé par M. Genolin", par contre on ne peut le suivre dans son affirmation de priorité, sa demande datant du 13 juin tandis que Genolin avait déposé la sienne à la préfecture dès le 11 mai 1838.

Le grand plan manuscrit en couleur (72 x 107 cm) à l'échelle 1/10.000 (nord vers la gauche), mentionné dans la demande de concession, est archivé aux AD 01. Il est désigné "Plan du périmètre de la concession demandée par M. Marinet, avocat, propriétaire, chevalier de la légion d'honneur et maire de Lancrans (Ain), des mines de grès et calcaire bitumeux existantes sur le territoire de communes de Chézery, Forens et Champfromier, dressé par le géomètre en chef du Cadastre du Département de l'Ain, (fait à) Bourg le 20 juin 1838".
Un note du plan précise que "La ligne rouge (la concession souhaitée représentée par un trapèze) indique ledit périmètre qui renferme une surface de 1790 hectares. Notons que cette superficie est bien plus importante que les 856 ha mentionnés dans la demande de concession, la plus grande valeur étant la plus exacte (par rapport au plan). Ainsi cette concession couvre presque la totalité des territoires de Chézery et de Forens, allant des abords de La Rivière jusqu'à ceux de Champfromier. Plus précisément, les sommets du trapèze, en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre, sont désignés, comme dans la concession, par la "Grange du Gorgeoy à François Verchère (Le Georgeai, au NO de Chézery)", "La maison dite Aux Hautes à François Gros", "Aux Robines à François Carry", "Grange du Druyer (le Druger à Champfromier) à la veuve Humbert" et "Moulin de la Douche à Durafour Roland meunier".

Ce plan nous permet par ailleurs diverses visualisations : le chemin que l'on nommait la Vy Chézerande, pour son tronçon entre Chézery et le Nant de Fossa (non désigné) à Champfromier, en passant par Forens ; la disposition des bâtiments restants de l'abbaye ; la Valserine qui se divise avec un bras secondaire à partir du pont, délimitant une île de taille importante ; et enfin, que la route principale est encore coupée au niveau de l'ancienne abbaye, avec une déviation la contournant par l'est !
Notons que les sieurs Marinet et Jantet ont également adressé en 1838 des demandes de concession pour Léaz et Lancrans (Marinet), et Lélex (Jantet) [AD01, 8S 36].
Sources : Demande de concession : Journal de l'Ain du 27 juillet 1838, p. 3 et 4 (En ligne, Lectura). Plan : AD01, 100 Fi 25.
Publication : Ghislain Lancel
Première publication de cette page, le 02/06/2021. Refonte, le 27/11/24. Dernière mise à jour, idem.